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#1 2012-08-03 12:21:09

Pascal
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Conte nouvelle humour - Visite guidée chez les nains droliticus fernus

Visite guidée chez les nains droliticus fernus

Pour commencer cette visite digne d’une histoire, épopée stellaire serait plus juste, je vous parlerai tout simplement du sujet. Car c’est à travers ce sujet que vous vivrez l’univers à venir, à tel point qu’à la fin vous penserez comme lui, boirez, mangerez comme lui, dormirez et peut-être même, vivrez comme lui ! ATTENTION donc aux abus… Il serait plus sage de déchirer là, tout de suite, les pages de votre contrat de visite et partir… mais c’est trop tard… Vous venez de faire un pas, un pas de trop dans leur monde. CE monde, diaboliquement diabolique, diaboliquement entraînant, diaboliquement enquiquineur, ravageur, destructeur de quotidiens bien réglés, atomiseur d’idées reçues, exterminateur de bullage, et surtout, fouetteur de gentillesse. Assurément, vous en sortirez tout retourné et nous espérons juste que vous en trouverez la sortie sans agir d’une façon qui nuirait à l’image de ces pauvres petites bestioles qui ne veulent que votre malheur. Vous tarde peut être de savoir qui sont ces « bestioles », ces amis, ennemis, ces olibrius qui travaillent dans l’ombre de vos cauchemars ? Ce sont… tam dam dam… les nains droliticus fernus, plus communément appelés les nains fernaux. Le nain fernal est une espèce protégée et crainte, même des dieux. C’est pour dire. L’explication est toute simple… Les nains fernaux, depuis qu’ils se sont réunis en société, ont mis à feu et à sang tous les lieux où ils étaient, l’enfer en premier. Ils ont été chassés, ou disons qu’ils se sont fait offrir, pour le bien de tous, un lieu bien à eux, une planète solitaire d’où ils pourraient servir les desseins des dieux - car ils aiment se rendre utile - et où ces êtres vivants pourraient se défouler, vivre en « paix »…

Parlons donc de ces créatures, les nains fernaux… Au niveau morphologique, vous constaterez qu’ils sont… petits ! Oui, gagnez ma petite dame ! Et ? Ils ont des protubérances au niveau du front, bien pensé ! Mais encore ? Une petite queue en forme de fourche ? Bingo ! A ceci près qu’elle est assez longue. Vous avez gagné un voyage sur leur planète, tous frais payés par votre rire. Et ensuite ? Redevenons sérieux, enfin, essayons. Ensuite, plus difficile à deviner, le teint de leur peau est cuivré, leurs pieds et mains sont bizarroïdes. Ils ont trois doigts, trois gros pouces aux mains, et trois gros petits doigts aux pieds, proches de ressembler à des sabots de cheval. Enfin, ils ont des oreilles pointues semblables à celles des elfes, dont la longueur est un reflet de leur dominance, et ils sont vêtus d’une sorte de pagne, avec une frange à la romaine sur les épaules. Ceci est pour les particularités communes. Après, chaque nain fernal est différent et il convient de différentier le nain malus, de la naine femmeus. C’est la première différence entre ces créatures, la plus voyante mais en même temps celle qui les rapproche le plus. Les nains et naines s’entendent parfois mieux entre eux que les nains avec les nains, ou les naines avec les naines. Les malus ont en effet une fâcheuse tendance à se disputer la moindre parcelle de terrain, la moindre sollicitation des dieux, tout ce qui pourrait les valoriser aux yeux des naines. Les femmeus, elles, ont une fâcheuse tendance à se disputer le pouvoir du fouet ultime, celui qui leur permet de créer les cauchemars sans se blesser, de pouvoir se déplacer sur d’autres planètes ; les nains sont parqués sur leur planète, la Naimbuse Verte, pour leur vie sociale, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas en sortir. Précisons néanmoins que le fouet permet avant tout aux naines de se faire obéir de tous les malus, sans exception. Et ce qui différencie un malus d’un autre ? En dehors des nuances sur les traits du visage, des mimiques, pas toujours faciles à repérer, viennent l’attitude vis-à-vis des taches qui leurs sont données, leur approche vis-à-vis du reste de l’univers, leur façon de faire cauchemarder…

Penchons-nous d’un peu plus près sur leur cas ! Voici un groupe de nains fernus malus d’un côté, un groupe de femmeus de l’autre et un troisième groupe où les malus et femmeus sont mélangés. Vous remarquerez que le groupe composé uniquement de malus campe et se dispute le lieu où arrivent les missives divines. Leur principale arme pour la lutte finale se situe au niveau du front : les cornes qui sont plus grosses que chez les autres. Elles leur permettent, tête baissée d’un certain angle sur le droite ou la gauche, d’envoyer valdinguer leur rival, de faire fuir, de faire des farces en tous genre. Il ne vaut mieux pas être douillet lorsque l’on subit une de leurs frasques, car le fernus aime faire mal. Pour s’en débarrasser, il faut lui renvoyer ses blessures : dès qu’il a mal, il fait un bond de quelques centaines de mètres en arrière… Ce qui peut être fâcheux, si il y a une fosse à cet endroit là, vous me suivez ?

Le groupe composé uniquement de naines se retrouve au lieu où le linge des dieux arrive, le lieu où des morceaux de fouets tombent du ciel. Elles, elles ont « compris » que la violence directe ne servait à rien, qu’il valait mieux qu’elles se partagent ce qui arrivait… Elles ont tout simplement une autre façon de se disputer. Elles propagent des rumeurs les unes sur les autres. Voyez cette belle naine chuchoter à l’oreille d’une de ses comparses en pointant du doigt une laissée pour compte, un des effets secondaires de leurs rivalités. Chacune tente d’avoir de son côté le plus de courtisanes, une façon d’affirmer sa domination.

La plupart du temps, les nains et naines de ces deux groupes, lorsqu’ils se croisent, se draguent d’une façon peu romanesque. Pour s’en rendre compte, il suffit de porter son attention sur un petit groupe de nains éparpillés qui siffle à l’instant un groupe de naines qui passe devant eux, en ajoutant un fleuri « Eh, poulettes ! Vous savez que vous en jetez grave ? ». En retour, regardez avec quelle élégance une naine fait un clin d’œil, l’accompagnant d’une grimace à l’un d’entre eux, pendant qu’une autre tire la langue en se léchant plus ou moins les babines…

Les nains et naines du groupe mixte ont la particularité d’avoir les oreilles les plus petites, mais de bien s’entendre, d’être bien organisés. Ce qui ne les empêche pas d’avoir l’esprit nain fernus et ce qui ne les rend pas pour autant plus efficace dans leur mission. En effet, ils passent plus de temps à dialoguer, et passent aussi plus de temps à se regarder dans les yeux. Voyez donc sur l’esplanade en feu comment un nain fait valser sa partenaire dans les airs. Ou comment encore, près des tables en plein air, en pleine mission, une naine fait sa démonstration de fouettage sur le plateau d’un malheureux serveur, pendant que les autres applaudissent.

Maintenant, vous brûle sûrement l’envie de voir plus en avant à l’oeuvre l’esprit nain fernus droliticus ? Ce que sont leurs missions ? Et bien brûlez donc, brûlez jusqu’à ce que votre curiosité vous fasse approcher de l’auto-combustion. Peut-être alors serez-vous à même d’en devenir un ?… la meilleure façon de se plonger dans leur histoire, une histoire qui vous avez été cachée jusque là, qui existait déjà dans le berceau de l’univers où nous vivons aujourd’hui… Suivons donc sur les écrans une de leur tranche de vie en cours, des bouts de leur dialogue…

Ashilie, une des plus « sages » naines fernus : « Vous vous rappelez le jour où, après avoir voulu tester un nouveau fouet, nous avions fait trembler l’enfer au point d’envoyer quelques âmes errantes au paradis, et où le bout du fouet céleste ultime, ayant la capacité de traverser les dimensions, avait amené quelques anges avec lui ? »

Torin pouffant de rire : « Et puis le jour où nous nous étions tous mis des auréoles, des masques, et où nous avions fait boire un breuvage à tous les gardiens de l’enfer pour leur faire croire qu’ils s’étaient réveillés au paradis ? Et aussi le jour où nous étions rentrés dans le rêve du pape de l’époque pour l’enguirlander avec notre bonne vieille méthode ? »

Mirus riant puis faisant une triste mine : « Je me souviens aussi du jour où l’un de nous s’est mis à réciter un poème dans le rêve d’un dictateur d’une planète, un poème qui l’a apparemment fait devenir gentil… ce fut un cauchemar pour lui, mais ce fut en quelque sorte aussi un de nos échecs… tu te souviens de ce nain ? »

Torin : « Ah, pour sûr, suite à ça, on l’avait surnommé le pouetateur. Il ne savait trop lui même ce qui l’avait pris ce jour là et il en a été troublé au point de ne plus vouloir rentrer dans les rêves. Il a fallu que des naines le fouettent pour qu’il retrouve un semblant d’esprit cauchemardesque… »

Ashilie : « Moi, je me souviens du jour où j’ai eu le fouet céleste ultime entre les mains pour aller résonner des martiens qui avaient fait exploser une bombe sur une planète voisine… résultat, ils n’ont plus eu de bombes mais ils ont été disséminés dans toute la galaxie… et Mars est devenue ce qu’elle est… »

Ah, j’avais oublié de vous expliquer quelques détails « techniques » que vous retrouverez sur vos écrans… Les nains fernaux ne dorment pas à proprement parlé. Ils entrent en mission lorsque leurs yeux se ferment. Les nains fernaux ne peuvent pas non plus mourir à proprement dit, ils ont une vie quasi-illimitée, d’un big-bang à l’autre. En « contre partie », rares sont ceux qui peuvent faire des bébés nains fernaux. La planète - la Nainbuse verte dite la nebulus fernaticus - sur laquelle ils vivent, est une des seules planètes de leur galaxie qui a pris leur nom : la cul-de-sac droliticus fernus. Ils sont de plus quasiment les seuls êtres vivants de cette galaxie, toute dimension confondue. Pour finir, ils ont un langage propre où les gestes comptent beaucoup, où le moindre détail a son importance ; détails que nous vous traduisons à l’instant (yeux démoniaques, main tendue = moi aussi je t’apprécie ; yeux démoniaques, main replié = soyons amis ; yeux gentils, main sur le cœur = va te faire voir chez les humains). Certaines expressions leurs sont propres, auxquelles il n’est pas toujours facile de se familiariser (pour dire, l’équipe féerique mise en place depuis que l’homme est homme, ayant appris leur existence, partie à leur découverte sur des milliers de générations, n’est pas sûre de ce qu’elle traduit).

Ashilie : « C’est pas tout ça, mais il va être l’heure de la visite annuelle de notre grand maître. Je dois aller préparer notre cérémonie… »

Ashilie ouvre la porte et s’engouffre dans le souffle soufré libre, croise au passage quelques nains fernaux déjà en costumes pour l’occasion. Dans le ciel, des pigeons célestes voyageurs commencent à tournoyer.

Torin : « Tu crois que cette fois nous allons avoir droit à une mission digne de ce nom ? »

Mirus : « J’espère surtout qu’ils vont nous élire nous, les nains fernaux, cette fois comme les serviteurs les plus loyaux. Même si nous avons pu faire quelques écarts. Après tout, nous avons été les plus actifs. »

Torin : « Nous aimerions tous, je crois, que ce soit le cas… faudra attendre la prochaine… »

Mirus sarcastique : « Oui, et cela risque malheureusement d’être remis à plusieurs millénaires… Tu te souviens du récent cas de Drumpodre, notre vénérable tenancier. »

Torin : « Pour sûr, j’étais de la mission. Il a détruit toute une partie du lieu où nous étions. Il en fut de même pour Niedou, trop zélée pour donner une leçon aux lanceurs de météorites. »

Mirus : « Oui, pendant un bon moment il n’y a plus eu de comètes, d’étoiles filantes. Les pauvres rêveurs que… bah, disons que ça fait partie de notre nature ! »

Torin : « Oui, mais quand même… enfin, bref, bon, faut aussi qu’on se prépare… »

Mirus et Torin vont dans leur chambre respective se changer… Voyez pendant ce temps, sautant d’étoile en étoile, un messager à la cape ailée se rapprocher.

Voyez… Quelques instants plus tard, tous vont se retrouver autour du grand autel où la grande prêtresse Ashilie se prépare à donner un petit coup de fouet… Quelques instants plus tard… Le messager apparaît soudain à leurs yeux en feu au dessus d’un nuage. Ashilie lance le fouet dans sa direction. Le rouleau de parchemin qu’il tenait tombe à ses pieds. Elle le déroule et le lit.

Ashilie : « Nous vous demandons de perturber l’univers de Rosaline le temps d’un songe… »

Torin : « C’est tout ? »

Entendez donc la clameur de déception gagner la foule de nains. Certains sont venus de tribus logeant à l’extrémité de la planète. Pour quoi ? Pour perturber un univers ? Ah ! Mais… mais…

Ashilie : « Mais nous sommes autorisés à mettre le paquet… »

Mais, en lisant entre les lignes, perturber un univers laisse une grande marge de manoeuvre… Et ils viennent de le comprendre ! C’est l’euphorie générale !

… Et maintenant, comme de coutume, Ashilie ferme les yeux, laisse le fouet céleste choisir les nains fernaux pour cette mission spéciale. Laissons-les donc déguster leur joie avant de l’accomplir le coeur à l’ouvrage. A noter qu’elle sera peut-être à terme au moment où nous quitterons leur planète…

Votre visite est terminée, le temps de fermer les yeux, nous serons revenus à bon port…

© Pascal Lamachère - 2002

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