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#1 2013-07-12 15:04:26

Pascal
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Explorations poétiques de l'être

L'être ailleurs

Inspiré par : http://www.lejournaldepersonne.com/2013 … e-virtuel/

L'être ailleurs, navigue, éclaboussé par les embruns de l'océan des rêveurs...
Une pierre, un paysage, une nature, loin de la cité aux feux cadencés où des pas de loups façonnent le terrain...
Un reflet, un horizon, un voyage vers l'impalpable, l'inconnu, l'imprévisible, où se côtoient les astres mordorés et les morsures de la glace...

Un hiver, une nuit, dans le cimetière des esprits, il glissa à vue. Il allait entre chavire et vogue au large de la galère terrestre.
En cause, deux questions lancinantes que posait le sphinx de la brume : Quel feu suis-je ? Quel feu es-tu ?
S'il trouvait la réponse, l'être ailleurs pourrait poursuivre vers la clairière des formes vivantes...

« Le feu charme, corps en transe,
Le feu danse, bois chavirent,
Le feu brûle, lettres de cendres,
Le feu étoilé, double mesure, enfants joueurs,
Le feu joueur, les joues étirées en couleur,
Le feu atomise, matière désarticulée...

Tu es le feu éternel, qui jamais ne s'éteint, jamais ne brûle, éclaire la nuit et le jour sans jamais briller, l'étincelle d'un autre feu, peut-être du mien.
Je suis le feu qui peut réunir des feux, qui jamais ne brûle, éclaire la nuit et le jour sans jamais éclairer les paysages mais je peux peut-être me consumer ! »

L'être ailleurs n'eut d'écho à ce qu'il venait d'exprimer, si ce n'est qu'il reprit le cours de la glissade et s'échoua sur la terre embaumée. Un peu écorché, il se releva et poursuivit.

Un hiver, une nuit...

* * * * *
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Êtres aimants

Inspiré par : http://www.lejournaldepersonne.com/2013 … commencer/

Sur la planète Dé Sisyphe, dans l’antre des astres, après avoir franchi le seuil, dans une sorte de couloir donnant sur une immense cavité, une mage gardienne expliqua à un ermite sa fonction dans le grand manège.

La mage : « Chaque nuit, notre lune se transforme en araignée, descend par la grande ouverture tout, tout en haut, dans la salle centrale, au-dessus du petit lac d’eau, là-bas ! Vous voyez le faible filet de lumière ? »

L’ermite fit oui de la tête, fasciné par le spectacle qui se déroulait devant ses yeux, près de la berge opposée : un corps de lumière pure en train de danser, tout en agitant autour de lui des lames de feu, coupant au passage des fils qu’il distinguait à peine.

La mage : « Elle tisse une toile pour y déposer ses dernières larmes à l’aube, après avoir recueilli les premières du feu suprême, la source de tout souffle et de toute magie ici, même de celle de l’ombre. »

L’ermite : « Je… C’est lui, là-bas ? S’il se manifeste ainsi, toujours ici, il ne risque pas d’être capturé ? Et comment fait-il pour en même temps éclairer ailleurs ? Et pourquoi semble-t-il couper la toile ? »

La mage : « Longue histoire… Pour vous la faire courte… Deux aimants, au début des temps, dans l’ère du néant des incarnés ; Romero de la famille des âmes de feu, et Julinette de celle des divinités des dimensions, des formes. Deux familles ennemies, des pouvoirs complémentaires et antagonistes. Les deux avaient trouvé la voie de l’équilibre, mais lorsque leur dessein a été découvert, ils ont été maudits par le conseil de leur famille respective. Du moins, ils l’auraient été totalement, si la source du grand tout, le couple des forces originelles, n’avait insufflé de la clémence dans l’ire. C’est ainsi qu’un jour, quelques temps après le commencement des temps, dans la formation de l’univers incarné, la projection des éléments, Romero devint la source de notre astre de vie, solitaire, et Julinette notre lune, condamnée à ne pouvoir profiter que du reflet, ou presque… »

L’ermite : « Oh, c’est de là d’où est tiré le conte pour premiers mages ? »

La mage : « Tout à fait ! »

L’ermite : « Merci pour votre histoire, mais cela ne répond pas vraiment à mes questions ! »

La mage : « Je vais y venir… »

Alors que la mage et l’ermite s’étaient rapprochés de l’eau, que le corps de lumière n’était plus très loin, il devint tout à coup évanescent, jusqu’à laisser place à la nuit quelques battements plus tard, et d’étranges perles phosphorescentes à terre, là où il s’était tenu avant de disparaître. L’ermite, troublé par l’air étrange qu’il avait semblé voir se dessiner sur le visage de Romero au moment fatidique, n’y prêta pas trop attention, se posa à terre, la tête levée en direction de l’ouverture d’où l’araignée devait apparaître.

La mage : « Nous y voilà ! »

La mage se mit dans une posture de combat, sortit un bâton de sa manche longue, et fit face à une nuée de chauves-souris qui semblèrent être apparues de nulle part et chercher à attraper les perles. Elle réussit à repousser toutes celles qui s’approchaient de trop près, sous le regard admiratif de l’ermite qui avait détourné sa mire. Les autres poursuivirent leur chemin vers un couloir sur le côté droit.

La mage : « C’est ce que vous devrez faire les jours prochains, pendant mon absence ! »

L’ermite : « Il faudra que vous m’expliquiez aussi le pourquoi du comment ! »

La mage : « Je suis certaine que vous pouvez comprendre par vous-même ! »

L’ermite : « Vous me surestimez peut-être ? Mais expliquez-moi quand même, au cas-où ! Je ne vois pas la logique, la raison… »

La mage : « Ah ! La raison… Tout ceci nécessite de l’intuition… Du moins, d’être à l’écoute de certains sens ! Garder cette grotte sacrée, être le témoin de la danse entre deux sortes de divinités distantes comme si elles étaient proches, recommencer chaque cycle avec la même éphémérité tout en le vivant comme si c’était éternel… apprend beaucoup sur l’importance de l’instant, sur ce que l’on déroule pour se forger sans s’arrêter figé à l’intérieur de l’antre des regrets. Vous verrez ! »

L’ermite, les yeux levés vers l’araignée qui était apparu et commençait à descendre vers le centre: « Oh, ça, je pense l’avoir déjà vu, mais peut-être pas suffisamment pour l’intégrer, l’appliquer… »

La mage : « Qu’avez-vous ressenti juste avant d’entrer ici ? »

L’ermite : « Une sensation étrange. Joie et tristesse mêlées, mais surtout des effluves d’un je ne sais quoi d’auguste à protéger de tout l’être. Un je ne sais quoi qui est peut-être l’essence du ciel, de la vie ? Plus important que les mots pour le nommer : le lien qui nous y relie ? Plus important que le dire : ce qu’il y a au-delà de son reflet, ce qui le fait naître et mourir, comme un fil soudé ? »

La mage : « Cela ne devrait-il pas vous suffire ? »

L’ermite : « Pour l’action, oui, mais pour ma curiosité… »

La mage commença son explication, pendant que l’araignée aux yeux de croissants de lune entama le retissage de sa toile, en commençant par le bas de la grotte, à l’opposé, après avoir basculé d’avant en arrière de sorte à pouvoir à se lâcher au-dessus du rivage : « Bien, alors, euh, vous vous demandiez pour les risques. Lui, impossible qu’il soit capturé. Il n’y a que la magie pour l’atteindre, et aucun mage, aussi ténébreux soit-il, n’y aurait intérêt, ne pourrait s’en servir à ses propres fins, et même un mage voulant taire toute magie, ne le pourrait. Tout au plus l’affaiblir un peu après avoir rejoint les désincarnés. Il ne craint rien…

Si notre astre de feu et la lune peuvent prendre forme sans disparaître du ciel, c’est tout simplement que c’est un peu comme si c’était leur anima. Et par contre, elle, ses yeux vont jusqu’à refléter comme on la voit dans le ciel, et elle pourrait être tuée. Enfin, son corps. Son anima serait alors errante dans l’air jusqu’à la fin des temps, sans plus pouvoir sentir la présence de l’autre, sans pouvoir se raccrocher à une forme incarnée.

Elle tisse une toile de fils lunaires pour qu’il puisse s’en vêtir, la sentir près de lui. Ce que vous aviez vu, était une forme de récolte. Encore que, nous ne sommes pas certain de ce fait. Par contre, nous savons qu’il n’y a que des fils frais d’une nuit qui peuvent recueillir leurs salines sacrées. Ils y puisent de quoi continuer à se recréer dans un cycle voué à se répéter, une façon d’être maître du destin tracé. Un peu comme l’araignée pendue qui fait basculer ce qui la lie au ciel, d’un bord à l’autre. »

L’ermite : « Et pour les perles phosphorescentes et les chauves-souris ? »

La mage : « Je vous raconterai ça une autre fois. Bien que vous devriez avoir compris ! Si non, l’important, juste à comprendre que vous aurez à les écarter, en suivant votre instinct ! Si vous voulez regarder un peu encore le tissage, sentir le sens, je vous laisse, je vous attends dehors ! »

L’ermite : « Vous ne comptez pas la protéger ? Oh, la grotte est protégée ? C’est juste le soir et le matin, aux alentours du crépuscule et de l’aube, qu’il y a risque ? »

La mage opina et laissa l’ermite méditer sur cet ouvrage recommencé chaque jour.

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Voie d'être

Inspiré par Les ennemis jurés http://www.lejournaldepersonne.com/2013 … mis-jures/
et Commission mensongère http://www.lejournaldepersonne.com/2013 … ensongere/
(un peu aussi de l'esprit : Les pauvres http://www.lejournaldepersonne.com/2013/05/les-pauvres/
et La garde à vue http://www.lejournaldepersonne.com/2013 … rde-a-vue/ )

Chaque jour que le grand mystère incarné fait,
A travers la danse des astres,
L'être qui ouvre les yeux s'en va dévoiler
L'ombre immobile de l'âtre.

A travers la danse des astres,
La vérité du chemin de l'univers se découvre
Telle une forme à modeler que la lumière couve
Au-delà des coins de l'ignorance faste.

L'être qui ouvre les yeux s'en va dévoiler
L'essence de la poussière et du vide qui ne se démonte,
Des atomes que des ficelles veulent entrechoquer,
Récupérer et façonner ce qui préjuge et compte.

L'ombre immobile de l'âtre
Devient évanescente lorsque l'âme s'aventure,
Ouverte à la vie, chevauche au cœur du verbe mûr,
A l'essentiel du lien, fi des cérastes.

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Sur le chemin

Inspiré par : http://www.lejournaldepersonne.com/2013 … th-sharks/

Sur le chemin de la ronde, que tous traversons,
Petits et grands, simples et tyrans,
Il existe une vallée de braises, de glaces,
Et dans cette vallée, un abîme sous un fin pont.
Un jour ou l'autre, vient le temps,
Quelques pas, et l'être y fait face :
Un trésor se dresse à l'horizon,
Une source d'argent ou d'éther, c'est selon.

Celui qui décide de tenter la traversée,
Sans le respect du mystère, de l'altérité,
Affronte l'imprévisible qu'il ne peut dompter,
Et s'il cherche à le raisonner à tout prix,
Et s'il ne prend garde, à se croire déjà dans la "Vérité",
Prêt à tenter ou à créer le danger,
Pensant qu'est ainsi protégée sa "Vie"
Ou que quelle que soit l'issue
Il y trouvera une ouverture vers un paradis,
Il risque bien plus que des lambeaux
Dans le piège ainsi tendu,
A la mesure de l'illusion ou de l'aspiration :

L'être peut en perdre le chemin de la maison,
Effilocher son lien à la création,
Réaliser l'inverse de son souhait de fond
Et / ou se noyer, qu'un temps ? , dans les crocs longs.

(Pour être certain d'arriver au bout,
Une recette imparable : mettez-vous à l'écoute du grand tout,
Laissez-le venir à vous, et peut-être que : http://www.youtube.com/watch?v=zkUT2GXC9hc )

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Inspiré par : http://www.lejournaldepersonne.com/2013 … -la-grace/

Ô flamme du coeur, chemin et source du ciel,
telle l’épée forgée dans les batailles,
le cours et le courant, le vide et la rocaille,
purgés pour toucher et embras(s)er substantiel,

Qu’au jour où les vagues du temps s’échouent
sur les rives de ton éternité,
le sort du mortel soit doux

Que l’ouverture de ton miroir sans reflet (*)
et sur ton âtre vigoureux (*)
accueille et passe les rayons du radieux

Que sur la table, l’offrande consommée
soit sur la voie de la dernière prophétie
faite à un Nabucco assagi

Ô cœur de flamme, ombre et lumière du ciel,
vive dans la danse des astres la joie,
la paix même dans l’affrontement torrentiel,
et que le malin s’avoue devant ta loi.

(* Personne n’ignore qu’il y a deux entrées par où les opinions sont reçues dans l’âme,
qui sont ses deux principales puissances, l’entendement et la volonté. - Blaise Pascal)

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L’éternel retour

Inspiré par : http://www.lejournaldepersonne.com/2013 … ropheties/

« Il est un temps fissible,
Il est un temps invincible »

Une créature marche sur les sentiers froids et humides d’un cimetière, sur une colline. Dans le ciel, un océan de nuit peuplé d’une myriade de fleurs de feu. En bas, le village de son enfance. Au sommet, un indicible brouillard dissimulant mal une tour.

Dans le cimetière, à chaque croisée, elle, il tombe sur des ombres qui s’agitent tout autour de lui, semblant prêtes à vouloir le dévorer. Les premières fois, il subit la peur qu’elles lui inspirent, sans chercher à se défendre, contournant finalement par un chemin de traverse. Mais au bout d’un moment, à force de détours, il finit par se retrouver à son point de départ. Souhaitant poursuivre son chemin, il se décide à en affronter… pour ne rien faire, si ce n’est accepter le sort qu’elles lui réservent.

Leur faisant face, immobile, après un assaut d’ombres qui se comportent telles celle d’un feu cherchant à rentrer dans les flammes, elles se transforment en pierre de néant, collées sur son dos. Se sentant plus léger, bien que plus lourd à l’extérieur, il continue alors, croisées après croisées, jusqu’à la sortie. Il se retrouve prêt à faire quelques bonds de géant, avec une bosse sur le dos.

Plus loin, en montant, il se retrouve face à une fosse remplie d’une eau lumineuse. Sûr de lui, il s’y penche, y plonge ses jambes, et finit par se rouler dedans, de sorte qu’une fois sortie, à l’air obscure, il se retrouve avec une bosse fluorescente, ayant doublée de volume.

Les premiers pas suivant, la créature a une impression d’euphorie. Soudain, un orage gronde, et quelques gouttes de pluie deviennent, à ses sens, tempête. Au point qu’avant le sommet, elle, il finisse à genoux, mains à terre, à bout de souffle. Il reste ainsi quelques temps, puis s’allonge sur le dos.

« Il est un temps friable,
Il est un temps bâtissable »

Une créature se repose sur les sentiers abyssaux et montagneux d’un cimetière intérieur. Dans le ciel, toujours un océan de nuit peuplé d’une myriade de fleurs de feu. En bas, le village peuplé de ses fantômes. Au sommet, un pic qui se dresse fièrement, aux portes de l’essence ciel.

Dans le cimetière, pendant que sa bosse se dissout, l’indicible semble vouloir l’envelopper. Pour le bien, pour le mal, elle, il ne saurait dire, tellement ses sens sont troublés. A mesure qu’il se laisse faire, ses paupières se font lourdes, et une autre étrange créature, un dragon, apparaît un peu plus loin. Il finit par rugir, rouvrir les yeux, se remettre debout, courir dans sa direction, prêt à l’affronter. Mais un peu avant le choc, il change d’avis, puise au fond, tout au fond, et la créature s’évanouit, et lui se retrouve allongé sur le dos, non loin du sommet de la colline.

« Il est un temps de mort,
Il est un temps de renaissance »

Une créature s’approche d’une tour, entourée d’un brouillard en train de s’évaporer. Dans le ciel, toujours un océan de nuit peuplé d’une myriade de fleurs de feu. En bas, un autre temps. Non loin, un puits sans fond menant à…

A la sortie des sentiers perdus, une créature se dirige vers une porte. Elle, il se met à jouer, le coeur léger, prêt d’autres créatures bienveillantes. Il ouvre alors la porte, se dirige vers le puits, et fait le voyage sans retour immédiat, vers un nouveau corps, la dimension de l’incarné, sur la planète terre.

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Si vous voulez découvrir d'autres créations de "Personne", de l'actrice-artiste qui est aussi rédactrice-plume-scénariste, cf son site : http://www.lejournaldepersonne.com

et sa nouvelle formule : http://www.lejournaldepersonne.com/page … et-ouvert/

Bon été !

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