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#1 2011-06-24 16:38:40

Pascal
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La valse à quatre Temps (petit conte poétique)

La valse à quatre Temps

Il y a très, très, très longtemps, alors que les terres étaient à peines émergées, Gaia, s’ennuyant avant d’achever ses créations, parcourait de long en large sa chambrée.

Le jour, elle sentait la fleur céleste de ses crins chatoyants la caresser d’une douce aubade. La nuit, l’oriflamme des cieux dansait avec elle, le silence n’était pas, en elle la chamade. Mais elle ne savait que faire de tout ce qui était à sa portée, le dessin que lui réservait les dieux…

Un jour, elle alla voir ce bon monsieur Temps afin d’éclaircir son éternité.

Celui-ci, dans sa suite douillette, méditait depuis bientôt, oh !… depuis la nuit de la nuit. Il s’était gavé dans la source originelle, empiffré de tablettes de big-bang et d’expansion à en faire des trous noirs, comme une souris fromagère qui fait avec soin son gruyère. Sa position n’était pour autant pas si confortable que cela puisqu’elle l’avait emplie de solitude sans vie ; à quoi bon tant d’infini s’il n’est pas partagé ? Faire le tour de l’univers sans se perdre ? Ainsi, lorsque la dame toute nature vint secouer le sablier de sa porte, il en fut tout émoustillé. D’autant plus lorsqu’il aperçut la visiteuse après s’être changé et quelques grains avoir enlevé. Il la fit entrer, la salua d’une pluie printanière, lui fit visiter de sa demeure les méandres. Ils entamèrent ensuite la discussion autour de leur fonction, leur destinée, leur préoccupation. Et Gaia arriva au vif du sujet, le pourquoi de sa venue. Le Temps comprit de sa visiteuse la déconvenue. Pris de compassion, il l’invita à danser pour se changer les idées, lui promettant de trouver solution.

Le Temps : « Venez danser ma dame, les fées filantes joueront pour nous la symphonie de la nuit des temps. Je vous emmènerai valser jusqu’à votre ronde où, si envie vous avez, nous mettrons pensées à nu. »

Gaia : « Mon Âme-Temps, vous m’envoyez devenir verte d’autant de prévenance, à en faire frémir mon sang. Je ne puis qu’accepter, et je vous montrerai les atours et intérieurs de la planète qui fait mon sens.»

Le Temps et Gaia s’en allèrent aussitôt, enlacés l’un à l’autre. Pour leur rendre hommage, le cristal de feu à leur venue, pris par les envolées de la mélopée, monta plus haut et les fit baigner dans sa lumière. Les nuages se mirent tantôt à gronder, tantôt à s’évaporer en rythme mordoré. Le vent se fit brise et tempête. La Vie, amie et enfant de la Dame qui était arrivée et avait posé ses bagages, s’accommoda avec la terre…

Puis, pour laisser intimité à la valse des deux joyeux enlacés, avec des notes plus tempérées, les cieux se couvrirent, la fleur se courba pour aller au lieu où elle ne les dérangerait. Fille, qui toujours s’agitait, se prépara avec son cortège à s’assoupir : les feuilles tombèrent pour préparer leur couche. En quête de chatoiements, des oiseaux s’envolèrent vers un ailleurs, les draps de chacun en harmonie furent dépliés. Quand la musique se fit murmure, prête à s’éteindre, Temps enlaça la Dame, l’embrassa de son entier avec ciel. Elle lui répondit en accord et, né de l’immensité de leur plaisir de s’être trouvés, des anges de cristal vinrent, les recouvrant d’un manteau d’hermine afin qu’ils puissent jouir de leur plaisir en totale impunité, pour que dieux n’aient à mot dire, à jalouser. Vie avait fait Hommes, des arbres devenus chaumières. Ils rentrèrent, frêles rendus face aux actions de la toute jeune température qui, pour faire vivre l’immobilité, s’était assoupie loin de leur feu.

Quand nos deux amants universels eurent consommé leur bonheur, du grain s’écoulant, les fées firent rejaillir la symphonie, Gaia se changea pour mettre un manteau de verdure, sa fille Vie fit des bourgeons, le Temps revint en sa suite pour admirer tout le travail des astres de la nuit et du jour qui y découvrir leur passion…

Depuis ce moment circulaire où le sablier a fait faire un tour à la terre, Gaia et le Temps ne cessent de s’offrir cette escapade, cortège de se fondre en la symphonie, et notre Dame, guillerette en sa chambre, d’arborer un grand sourire…

~ Pascal Lamachère - Septembre 2002 ~

p.s : en petit délire, je m'étais "amusé" à essayer de “réciter” le conte. Je l’ai fait à la va vite, c’est fait maison en trèès amateur, mais si vous avez la curiosité d’écouter à quoi ressemble ma voix tout en écoutant l’interpréation improvisée de La valse à quatre Temps, cliquez ici.

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